LA JANELA

J

Couleur hindoue

Pays


La rue offre une épice mûre
et un bouquet : un bouquet de misères
dures. En pays inconnu
les beautés vivent sans présage.

Voilà, pour protéger, une prière étrangère
et répétée à toute allure
vis-à-vis de ta vieille
gêne étrangère.
La soie est dans les ateliers.

Les enfants ont le savoir-faire vagabond
de la mendicité.
Ils vont comme des comédiens
sur une scène
de rien
pour un petit cachet, ils vendent des ballons.

La rue était sonore.
Le ciel était plus haut
et la terre aux équipes de mains ouvrières.

Couleur hindoue
Couleur à moi et lente comme une éléphante.
La rue a une unique plaie
béante – sang de poussière dans
les yeux dans les mains
dans le corps solaire et le coup de foudre.




Café Lune


Au café Lune j’irai
boire la belle pèlerine
j’irai y poser mes plumes
offrir ma peau à
la paresse d’une poussière brune.
J’irai verser l’ivresse des folies
dans des rivières brunes
elles sont comme mes veines taries
boivent la belle pèlerine.




Pondichéry


C’est la couleur qui chante
Aux saris aux murs aux échoppes

C’est l’épice entêtante
Et la boue la foule
La grenade à la pulpe rose
Le sourire les yeux
Le bruit la rue les rickshaws
Les trottoirs ont les flancs labourés
De poussière – l’air est chaud.




De Villapuram à Maduraï

La terre est rouge poussière rouge
au lit des rivières – sous des ponts ébauchés
jeune béton aux piliers solitaires
érigé par les mains ouvrières.

Les mains des femmes courbées sur les rizières.
Elles sont noyées ont y voit le ciel
avec l’horizon de palmiers.

La terre est rouge et les chevrettes noires et blanches.